mercredi 1 mai 2013

Lettre au Nouvel Observateur (25 janvier 1990)



Une lettre de Jacques Soustelle

[Le Nouvel Observateur, n° 1316, 25-31 janvier 1990]

Ayant été mis en cause dans l'article « la Raison des barbares » de M. Laurent Theis sur les oeuvres « historiques » de M. Vidal-Naquet, je tiens à élever une protestation formelle contre cette tentative de rallumer, vingt-sept ans après la tragédie algérienne, les haines et les rancoeurs que cette guerre a suscitées.

M. Vidal-Naquet se consacre depuis plus d'un quart de siècle à dénigrer et à insulter les Français d'Algérie, victimes d'un atroce déni de justice. [...] Que des hommes et des femmes aient été emprisonnés, torturés, exilés pendant des années parce qu'ils voulaient défendre leur pays, voilà qui lui paraît dénué d'importance. Pour ce qui me concerne, j'ai délibérément brisé ce qu'on appelle communément une carrière politique et subi sept années d'exil pour ne pas renier mes convictions.

Si « barbares » il y a, ce sont ceux que la désastreuse politique menée dès 1959 [...] a portés au pouvoir au sommet de l'infortunée Algérie.

Relancer aujourd'hui des polémiques qui ont fait tant de mal procède d'un acharnement malsain. Je rejette avec dégoût et mépris l'insinuation relative à un « ancien SS allemand », venant de quelqu'un dont la contribution à la Résistance apparaît plutôt mince.

JACQUES SOUSTELLE
ancien gouverneur général de l'Algérie