mardi 15 avril 2014

Une exigence nationale (1957)



Une exigence nationale : la révision, rapide et totale de la politique suivie jusqu'à présent envers le Maroc et la Tunisie

[Article de Jacques Soustelle dans Carrefour, 24 avril 1957]

La politique à suivre envers les deux anciens protectorats ne doit pas continuer à être régie par ce curieux mélange d'illusions et de prétentions qui inspire les négociations sans fin et sans objet dont on amuse le tapis. Placés devant le fait accompli de l'abandon du Maroc et de la Tunisie, nous n'avons pas à nous épuiser dans la recherche de mauvais palliatifs. Ce sont des Etats étrangers ; exigeons d'eux, sans plus, la décence élémentaire qu'on attend de n'importe quel Etat étranger, et refusons-nous à subventionner leur démagogie et leur mauvais vouloir. Et concentrons sur la défense de l'Algérie, nœud de toute la lutte nord-africaine, terre française et qui le restera, tous les moyens dont nous pouvons disposer dans cette partie du monde.

Les milliards que l'on gaspille pour payer à l'empire chérifien une armée qui se retournera contre nous, ou pour consolider M. Bourguiba qui joue vis-à-vis des fellagas de l'Est algérien le rôle tutélaire que joua Mao Tsé-toung vis-à-vis des Viet, utilisons-les pour venir en aide à nos malheureux compatriotes de Tunisie et du Maroc, chassés ou sur le point de l'être, réduits au dénuement, menacés dans leur vie.

Je rougis quand je vois dans quelles conditions indignes la France laisse ceux de ses fils dont le seul crime a été de croire aux promesses des gouvernements, et à la protection d'un Etat devenu débile. S'il y a de l'argent à dépenser, voilà à quoi on peut l'employer : à remettre en mesure de travailler et de servir ces infortunés qui ont dû fuir des pays dont ils avaient fait la prospérité et où ils ne sont plus que des otages. Pourquoi ne les aiderait-on pas à s'installer en Algérie, où leur présence même démontrerait une fois de plus notre volonté farouche de résistance ? (...)

Le salut de la France passe par celui de l'Algérie, et le salut de l'Algérie exige une révision rapide et totale de la politique suivie jusqu'à présent envers le Maroc et la Tunisie.

jeudi 3 avril 2014

Des résultats positifs dont je me réjouis (1974)



M. JACQUES SOUSTELLE : des résultats positifs dont je me réjouis.

[Le Monde, 7 décembre 1974]

M. Jacques Soustelle, ancien ministre, député réformateur du Rhône, nous a déclaré :

"La négociation menée avec autant d'habileté que de réalisme par M. Poniatowski à Alger a donné des résultats positifs dans certains domaines.

"Je suis de ceux qui s'en réjouissent le plus vivement. Le déblocage des comptes, par exemple, est une mesure que je réclamais depuis longtemps et qui soulagera la détresse de nombreux rapatriés.

"Il doit être bien entendu que la liquidation du contentieux franco-algérien n'apporte aucune solution au grave problème de l'indemnisation des rapatriés spoliés : c'est aux pouvoirs publics français qu'il appartient désormais de le régler au plus tôt. On ne peut davantage considérer le succès de la négociation d'Alger comme la justification a posteriori d'une politique que j'ai toujours condamnée, et dont elle vient seulement atténuer quelques-uns des désastreux effets.

"Sur le plan de la politique internationale, j'observe que M. Houari Boumediène, parlant du Proche-Orient et d'Israël, ne s'est pas aligné sur les positions extrémistes de M. Yasser Arafat. La réputation de prétendue modération de ce dernier apparaît donc comme quelque peu surfaite. Mais c'est là un indice intéressant et à suivre."

mercredi 2 avril 2014

Hommage à Georges Pompidou (1974)



[Extrait du Monde, 4 avril 1974]

M. JACQUES SOUSTELLE, député du Rhône, ancien ministre du général de Gaulle : "J'ai été profondément ému par la soudaine disparition du président Pompidou, mon ancien condisciple de l'Ecole normale supérieure, dont la prestigieuse carrière avait côtoyé ou croisé la mienne. Il est malheureusement clair que les informations données sur sa santé durant ces derniers mois avaient été parcimonieuses à l'excès. On ne peut en tout cas que s'incliner devant le courage dont il a fait preuve. La Constitution doit être et sera normalement appliquée sous l'égide du président Poher, appelé pour la deuxième fois en cinq ans à s'acquitter de ce délicat intérim."