vendredi 17 octobre 2014

Tribune libre dans Combat (30 mai 1967)



[Tribune libre de Jacques Soustelle dans Combat, 30 mai 1967]

De même que Hitler, loin de dissimuler ses intentions les avait étalées dans Mein Kampf, de même le sous-Hitler panarabe du Caire n'a jamais caché ses rêves fous d'hégémonie : son livre « La Philosophie de la Révolution », d'autres écrits et déclarations, dévoilent sans réticence sa volonté de réunir sous sa domination l'ensemble des pays arabo-musulmans et — première étape indispensable — d'anéantir, d'écraser Israël. Et de même que les Occidentaux ont affecté, de 1933 à 1939 de ne pas prendre au sérieux les élucubrations du Führer, de même aujourd'hui feint-on de traiter Nasser comme s'il était un homme d'Etat parmi d'autres et non comme ce qu'il est, c'est-à-dire, un dangereux boute-feu et le chef d'une entreprise de brigandage international. Aveuglément et apaisement vont de pair. La crise actuelle, qui menace de plonger le monde dans la guerre, n'est que la suite logique d'une longue série d'erreurs, dont les plus notables furent celles de l'Angleterre quand elle créa la Ligue Arabe, celle d'Eisenhower et Dulles quand ils obligèrent la France, la Grande-Bretagne et Israël à mettre fin à la campagne victorieuse de Suez, et celle du général de Gaulle quand il décida de livrer l'Algérie au F.L.N. qu'inspirait et armait l'Egypte nassérienne. Ainsi, les grandes puissances ont-elles, depuis plus de dix ans, renforcé de leurs propres mains le danger de guerre que l'impérialisme panarabe et le fanatisme mulsulman portent en eux-mêmes comme la nuée porte l'orage... Nasser n'est pas autre chose que l'agent, l'expression et le fer de lance des forces inhumaines qui ont déjà provoqué en Europe le massacre le plus gigantesque de l'histoire. (...)