lundi 2 mars 2015

Intervention à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (25 avril 1975)



[Intervention à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, 8e séance du 25 avril 1975]

M. SOUSTELLE (France). — Je demande la parole pour expliquer mon vote.

M. LE PRESIDENT. — La parole est à M. Soustelle.

M. SOUSTELLE. — Monsieur le Président, mes chers collègues, je reconnais volontiers à la motion telle qu'elle nous a été soumise certains mérites, en particulier celui de proclamer un espoir que des incidents contraires aux principes démocratiques cesseront. Cependant, je n'ai pas voté l'ensemble, estimant fâcheux que l'amendement de MM. Amrehn, Vedovato et Karasek ait été repoussé.

En effet, contrairement à ce qui a été dit, cet amendement ne présentait pas le caractère d'une condamnation. Il était formulé en termes raisonnables et mesurés et je m'étonne qu'on ne puisse pas exprimer à cette tribune des alarmes au sujet de nouvelles malheureusement très nombreuses et très claires quant à ce qui se passe au Portugal.

En ce qui me concerne, j'avais déposé un sous-amendement qui s'inspirait directement de la résolution présentée le 28 janvier 1975, document 3578, sous la signature de notre actuel Président et de neuf autres membres de l'Assemblée, tous socialistes, représentant plusieurs pays et qui exprimaient leur souci au sujet de la restriction aux libertés découlant du projet de loi établissant par voie légale le syndicat unique au Portugal. C'est ce point qui me paraît particulièrement regrettable. Je me réfère au rapport même de M. Gessner pour citer les paroles du principal adversaire de ce que l'on appelle au Portugal l'unicidad, l'unité du syndicat, dominé par les communistes. Je parle de M. Salgedo Zena, membre du parti socialiste portugais, qui a déclaré notamment :

« Si l'on institue aujourd'hui un syndicat unique, on imposera demain un parti unique. »

Dans ces conditions, je m'étonne que les membres socialistes de notre Assemblée n'aient pas cru devoir soutenir leurs collègues portugais dans la résistance qu'ils opposent à certaines manœuvres antidémocratiques, et c'est ce qui explique que j'ai voté contre l'ensemble de la résolution qui nous était soumise.

M. LE PRESIDENT (Traduction). — Je vous remercie. Cette motion d'ordre est donc résolue.