samedi 14 mai 2016

Interview à Lo Specchio (18 juin 1968)



[Extraits d'une interview de Jacques Soustelle, publiée par Lo Specchio (hebdomadaire italien), 18 juin 1968]

Je me réjouis du retour de M. Bidault en France, mais en ce qui me concerne, si je désire ardemment revenir le plus vite possible, c'est seulement à la condition que mon activité politique future ne sera compromise en rien. (...)

La révolte des étudiants est partie des milieux hostiles au parti communiste. La Fédération de la gauche démocrate et socialiste est composée de partis, tels que le parti socialiste ou le parti radical, qui sont traditionnellement nettement opposés au communisme. La situation n'est pas différente si l'on considère les syndicats. (...) il existe depuis plusieurs années une complicité à peine cachée entre le parti communiste et le général de Gaulle. (...)

Les préfets ont été dotés de pouvoirs exceptionnels et en feront sans aucun doute usage contre les candidats de l'opposition. En second lieu, il y aura la pression de la police et de l'armée. La troisième pression sera exercée par les "comités d'action civique", créés un peu partout par l'initiative du gouvernement. C'est la dénomination qui, depuis quelques années, a été donnée à la police parallèle, plus communément connue sous le nom de "barbouzes". Cette police est composée d'hommes de main, prêts à tout... Les comités seront utilisés dans une tâche d'intimidation de l'électorat.