samedi 1 avril 2017

Le Regroupement national n'était pas d'extrême droite (1980)



Le Regroupement national n'était pas d'extrême droite

[Le Monde, 8 septembre 1980]

M. Jacques Soustelle, ancien ministre, nous écrit :

Je relève avec surprise et regret dans la liste des organisations d'extrême droite dissoutes par décret depuis 1958, publiée par le Monde daté du 5 septembre, le nom du Regroupement national, dont j'ai été le fondateur et le président jusqu'à sa dissolution en mars 1962.

En désaccord avec la politique algérienne du gouvernement, ce qui a provoqué sa dissolution, le Regroupement national n'était en aucune façon un mouvement d'extrême droite. Avec un programme clairement "centriste", il était attaché aux institutions démocratiques et parlementaires ; d'ailleurs un groupe de députés le représentait à l'Assemblée nationale.

Seules les conditions exceptionnelles qui régnaient en 1962, dans une atmosphère de chasse aux sorcières, peuvent expliquer, sans la justifier, la décision arbitraire prise contre une association parfaitement démocratique et - ai-je besoin de le dire - étrangère à toute idéologie fasciste ou raciste.

Quant au Comité de Vincennes cité dans la même liste, il suffit de rappeler que, dirigé par des hommes tels que Maurice Bourgès-Maunoury, Georges Bidault, Robert Lacoste, Albert Bayet, André Morice, on ne saurait sans une grossière injustice le confondre avec Ordre nouveau ou la FANE.